Quand la violence devient culturelle
 
La violence fait partie du répertoire de comportements animal et donc fait partie intégrante du comportement humain. Déclenchée par une situation de menace (se retrouver face à un ennemi ou... à une remarque injuste de son patron...) la colère et la réaction de violence sont naturelles. Elles permettent de tenir à distance une menace pour son intégrité physique ou psychologique.
 
Cependant, ces réactions qui sont dictées par le système limbique (le siège des émotions) sont tempérées par le néocortex (siège de la "raison"). Aussi plutôt que d'attaquer son patron (même si on en a très envie!) on aura plutôt tendance à réprimer la colère et tenter une approche plus diplomatique: attendre un moment favorable pour revenir calmement sur l'évènement ou ignorer l'incident. Une réflexion rationnelle sur l'évènement permet de prendre en compte tous les aspects de la situation présent et futurs (mettre un coup de boule à son patron risque d'avoir des conséquences défavorables....).
 
Cette homéostasie interne est nécessaire pour maintenir une homéostasie sociale qui correspond aux normes d'une société particulière. Dans notre société, la paix sociale fait partie des normes en cours. 

D'où ce sentiment d'extrême malaise lorsque la violence physique fait une incursion brutale dans notre quotidien.
Depuis le onze septembre, le terrorisme a cessé d'être un phénomène lointain ne concernant que des pays ne partageant pas notre norme de paix sociale. 
 
Comment pouvons-nous comprendre que la violence puisse être culturelle pour un autre groupe social? 
 
Comment intégrer le fait que d'autres êtres humains puissent non seulement vivre dans un état de colère permanente justifiant cette violence et la nourrissant mais surtout que nous soyons désormais l'objet de cette violence? 
 
Comment vivre avec la menace d'une violence qui est aux antipodes de notre conception de la société?