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  • Pascale Larivierre

Montagnes russes émotionnelles, comment retrouver la sérénité? Deuxième Partie

Mauvaise habitude #2: “Je pense donc je contrôle”

Nous avons tendance à penser "sur" les situations qui ont déclenché des émotions. Nous passons énormément de temps à tenter de les analyser. Cependant, ce que nous prenons pour une analyse est en réalité une répétition du stimulus originel qui reproduit encore et encore la même émotion. Cette répétition crée un effet d'amplification émotionnelle qui non seulement est toxique mais en outre, nous distrait de la véritable fonction de l'émotion: l'action!



Prenons le fameux exemple du lapin et du renard: le lapin court dans les bois et soudain, sent l’odeur du renard. Ce stimulus déclenche une réaction de peur quasi instantanée et cette peur le pousse à l’action: il fuit. Cette séquence: stimulus -> émotion -> action lui sauve la vie. L’émotion “peur” est dans ce cas une émotion utile car elle déclenche une action qui annule le stimulus.



Transposons cela à l’humain avec cet exemple:

Sylvie vit en couple avec Romain. Romain est extraverti et lorsqu’ils se trouvent à deux en situation sociale (en famille, avec des amis) Romain a tendance à prendre beaucoup de place. Par exemple, s’il raconte leur dernières vacances, il parle de Sylvie à sa place (elle adorait ce resto, elle avait le mal de mer, elle a eu un coup de soleil…).

Sylvie se sent chaque fois écrasée, ignorée et parfois franchement humiliée. Après chaque sortie, elle repense pendant des jours à l’évènement, se repassant en boucle les détails des interventions de Romain. Cette habitude lui donne l’illusion qu’elle contrôle la situation: elle l’analyse!

Cela se traduit, entre autres, par de nombreuses phrases de type “si -> alors”. “Il parle à ma place parce qu’il pense savoir ce que j’ai ressenti … en fait, il ne me connaît vraiment ”; “S’il m’aimait vraiment, il ne m’humilierait pas devant les autres”; “Il ne se rend même pas compte que je souffre à ses côtés donc il est égoïste”.

Bien entendu, il ne s’agit pas du tout d’une analyse et Sylvie n’a aucun contrôle sur la situation. Elle ne passe pas à l’action et donc au lieu d’annuler les stimuli déclencheurs d’émotions, elle en crée de nouveaux!

En réalité, avec chacune de ces pensées, elle crée le terrain parfait pour devenir sujette aux montagnes russes émotionnelles. A terme, lorsqu’elle se trouve seule avec Romain, elle lui en veut de générer toutes ces émotions en elle et ce ressentiment peut se traduire par une tendance à de petits élans d’agressivité vis-à-vis de Romain, aussitôt suivi d’une vague de culpabilité.

Nous voyons que Sylvie génère une quantité d’émotions inutiles puisqu’elles ne sont pas suivies d’actions.


Que pourrait-elle faire? Autrement dit, comment pourrait-elle transformer ces émotions inutiles en émotions utiles et éviter les montagnes russes?

Elle pourrait avoir une conversation avec Romain et lui expliquer son ressenti lors de ces situations sociales.

Elle pourrait s’exercer à devenir plus assertive et s’exprimer davantage dans des groupes.

Elle pourrait aussi décider que raconter sa vie devant ses amis ou sa famille, ce n’est pas son truc mais que Romain fait ça très bien et en profiter pour apprécier son côté introverti.

Ou…

… elle pourrait faire les trois: parler avec Romain de son ressenti, lui demander de lui laisser un davantage de place pour qu’elle puisse apprendre à s’exprimer davantage et décider, au cas par cas, d’assumer son introversion les jours où elle a la flemme de faire l’effort de travailler son assertivité!

Quel que soit son choix, il lui permettra:

1/ de se débarrasser de l’habitude de croire que penser permet de contrôler les situations chargées émotionnellement.

2/ d’utiliser les émotions comme ressort à l’action lui permettant d’exercer un contrôle efficace sur sa vie.

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