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  • Pascale Larivierre

Comment (ré)agir face à une personne en dépression?


Lorsque l'un de notre proches est en dépression, nous aimerions pouvoir l’aider.

Malheureusement nous sommes généralement mal équipés et nous avons tendance à … faire tout ce qui ne faut pas!


Il peut être intéressant de considérer la dépression comme un handicap provisoire. La personne dépressive est devenue incapable de ressentir du plaisir, de se projeter positivement dans l’avenir (faire des projets même à très court terme) et ne sait plus comment passer à l’action.


Pour aider au mieux une personne dépressive, sans pour autant se substituer à un.e thérapeute, il y a une série de comportements à éviter: les 3 “ne pas”.


1. Ne pas faire de grosses bourdes:

“Allez, bouge-toi un peu!”, “Va faire du sport, ça ira mieux”, “Arrête de tout voir en noir”….

Ce sont des attitudes non seulement contre-productives mais en outre, elles aggravent l’état dépressif de la personne. Il faut se rappeler que la personne en dépression est privée des taux normaux de neurotransmetteurs qui normalement lui permettraient d’avoir une expérience de vie satisfaisante.


2. Ne pas vouloir “trop” aider:

Faire les choses à la place de la personne confirme le fait qu’elle n’est plus capable de les faire elle-même. La dépression n’est pas un état constant. La personne elle-même essaie de s’en sortir en tentant de faire des choses lorsqu’elle “le sent”. Si on fait les choses à sa place on la prive de ces moments où l’énergie semble revenir et où elle peut se retrouver un peu dans l’action.


3. Ne pas être trop positif - mais tenter de rester juste.

Exagérer le côté positif des choses est une tendance quasi naturelle face à la personne dépressive. On sent qu’elle s’enfonce dans une spirale de négativité et on a tendance à vouloir lui démontrer à quel point la vie est belle, qu’elle a “tout pour être heureuse”, qu’il faut profiter des bons moments, etc. Cependant, ces paroles aussi bien intentionnées soient-elles ne trouvent pas écho chez la personne dépressive: au contraire, cela lui rappelle douloureusement à quel point elle n’est plus “normale” et l’entraîne d’autant plus dans son cercle vicieux de pensées sombres et négatives.

Mieux vaut rester neutre ou évaluer de manière juste les éléments de la vie. En pratique, préférez “Zut, il pleut, on va être trempés comme des nouilles” plutôt que “Ooooh il pleut c’est merveilleux et poétique, tu ne trouves pas?”

A l’inverse, aller dans le sens de la personne est tout aussi contre-productif: “Oh non, il pleut, décidément on n’a pas de chance, il n’y a vraiment rien qui va dans cette vie de m… “

Ceci confirme à la personne que son état dépressif est légitime et … risque aussi d’entraîner la personne aidante dans la même spirale négative ce qui ne va évidemment aider personne!



Les 3 choses à faire:


1.Rester soi-même et être bienveillant avec l’autre.

Ecouter sa souffrance, ses plaintes quand elles se manifestent sans les encourager. Essayer de comprendre et rester sincère: si on ne comprend pas, le dire franchement mais délicatement: “J’ai du mal à comprendre ce qui se passe en toi et pourquoi tu te sens aussi mal parce que je ne l’ai jamais vécu cela mais je vois bien à quel point tu souffres”.


2. Respecter le rythme de la personne en dépression et l’encourager à le respecter elle aussi.

Souvent les personnes dépressives se culpabilisent de l’être et on tendance à se forcer à faire des choses pour se sortir le plus vite possible de cet état. Cependant, il faut se rappeler que la dépression est liée à une carence en certains neurotransmetteurs. On ne demande pas à un diabétique de se forcer à faire un jogging sans avoir pris son insuline. De la même manière, lorsque la personne dépressive tend à se forcer à faire des choses, on peut la freiner. “Tu ne dois pas forcer, tu peux faire les choses à ton rythme, les courses (la vaisselle, la promenade au parc, la séance ciné) peut attendre.” Car il faut bien garder en tête que la personne ne ressentira pas de plaisir et que toute activité, même agréable, est vécue comme une montagne impossible à gravir. Aussi, dans la mesure du possible, on peut encourager la personne à s'autoriser à réellement respecter son rythme et son niveau d'énergie.


3. Garder à l’esprit que la dépression est une maladie et que la personne n’est pas responsable de son état.

En revanche, elle est la seule qui peut réellement faire le travail nécessaire à la guérison. Autrement dit, elle ne fait pas partie du problème mais elle fait partie de la solution. Notre attitude bienveillante et compréhensive, respectueuse de la souffrance qui habite la personne est une aide véritable. Les personnes malades qui arrivent à maintenir une légère tension entre “comment je suis” et “comment je pourrais être lorsque je serai guéri.e” préservent un ressort à l’action. Sans cette tension, la personne n’a plus pour vision du monde son état actuel de souffrance sans aucune perspective de changement.

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