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  • Pascale Larivierre

Se résigner l’air de rien… … un danger pour la santé…


Que se passe-t-il lorsque nous perdons face à une situation, lorsque nous n’atteignons pas l’objectif que nous nous sommes fixé ? Comment réagissons-nous lorsque quelque chose se met en travers de notre chemin, nous empêche d’utiliser la stratégie que nous avions envisagée pour atteindre cet objectif ? Bref, comment réagissons-nous face aux problèmes que la vie place sur notre route?

Il nous arrive parfois de nous dire : « Bah, je ne peux rien faire de plus, autant accepter la situation telle qu’elle est ! » ou « Les choses/ les gens ne changent pas, il n’y a rien à espérer de ce côté-là ».

De tels commentaires peuvent avoir l’apparence de la raison. Ils peuvent vous convaincre du fait que vous êtes quelqu’un de raisonnable qui ne vit pas de chimères. Cependant, pour le cerveau, ce type de commentaire peut être extrêmement destructeur.

En effet, le cerveau est un organe d’une puissance redoutable sélectionné par l’évolution pour résoudre des problèmes. Lorsque nous posons un problème à notre cerveau, on pourrait presque dire qu’il « est content ». Mais lorsque la solution manque, qu’elle se fait attendre, ou qu’on n’a pas suffisamment investi dans sa quête, le cerveau n’est plus content du tout.

Techniquement parlant, lorsque l’on pose un problème au cerveau soit : « je dois réussir cet examen de math », on lui fixe un objectif et comme un bon petit soldat, il va se mettre à l’ouvrage : il va ordonner à une de ses parties, le cortex orbitofrontal, de ne pas nous laisser distraire au long du processus et à chaque petit succès (chaque équation résolue, chaque démonstration comprise et intégrée) il va libérer de la dopamine. La dopamine parcourt alors ce qu’on appelle le circuit de la récompense et nous fait ressentir du plaisir. Le plaisir aidant nous poursuivons notre effort jusqu’à l’examen.

Cette fonction : « effort + récompense = plaisir » est très importante dans chacune de nos entreprises personnelles car elle crée un apprentissage fondamental : plus je produis d’efforts pour obtenir quelque chose, plus je favorise l’obtention de cette chose et plus grand est le plaisir que j’en ressens. Cette fonction a un effet direct sur l’estime de soi et la confiance en soi.

Mais revenons à nos petits commentaires défaitistes. Imaginons que je doive passer cet examen de math et que j’arrive à plus ou moins bien à appliquer la fonction « effort + récompense = plaisir » sauf dans le cas de la trigonométrie pour laquelle je ne me sens pas du tout à l’aise. Je me présente à l’examen et récolte un 9/20.

Comment vais-je interpréter ce résultat ? J’ai deux solutions. Soit je me dis : « Bah, je ne peux rien faire de plus, autant accepter la situation telle qu’elle est : je suis nulle en math ! ». Soit je me dis : « Ai-je vraiment fait tout ce qu’il fallait ? A quel moment ai-je empêché mon cerveau de prendre plaisir à l’apprentissage ? Si j’ai l’occasion de repasser cet examen, quelle serait une meilleure stratégie de résolution de problème ? Je pourrais prendre un prof particulier pour la trigonométrie ? Augmenter l’effort que je consens pour cette partie de la matière ? »

Le premier choix est un choix de résignation.

Or il n’existe qu’un seul type de situation dans la vie où la solution est la résignation : lorsqu’effectivement je n’ai aucun contrôle sur la situation. Si j’ai un pied dans le plâtre, quoi que je fasse, je ne pourrai pas skier… Si je suis en prison ou dans un camp de concentration, je ne peux que me résigner à cette situation. Lorsqu’il n’y a aucune alternative, il faut se résigner. Mais la résignation ne se fait pas sans mal. Elle engendre un sentiment d’impuissance, de perte de contrôle qui déstabilise le cerveau. L’équation de base : « effort + récompense = plaisir » est hors d’usage. Le cerveau se met alors en mode « non action » : puisque mon action n’a pas d’effet, je cesse de vouloir agir.

Lorsque nous répondons à la frustration par la résignation, nous entraînons notre cerveau dans la non-action. En le privant d’action, on le prive de plaisir. Or, le manque de plaisir, l’anhédonie, est ce qui caractérise la dépression.

Mais avant d’en arriver là, la résignation engendre un vague sentiment d’impuissance dans notre vie. Chaque problème qui se présente est vécu comme pénible et génère un stress. Or, ce n’est plus un secret, le stress a des effets dévastateurs sur notre santé.

Or, si vous analysez votre vie quotidienne, vous constaterez qu’il y peu de problèmes insolubles. La plupart du temps, avec la bonne information et l’effort qu’il convient pour faire face au problème, on trouve une ou même plusieurs solutions.

Lorsque nous prenons le temps de trouver les solutions aux problèmes que nous rencontrons, nous trouvons dès lors dans un cercle vertueux : le cerveau est « content », il reçoit suffisamment de dopamine ce qui nous procure du plaisir et nous incite à avoir une attitude de «problem solving » dans notre vie. Du coup, les problèmes ne nous apparaissent plus comme des catastrophes mais simplement comme un challenge en attendant de trouver la solution.

Cette attitude favorise la confiance en soi et l’estime de soi car elle engendre un sentiment de contrôle sur notre existence. Elle nous rend de plus en plus créatifs dans notre manière d’aborder la vie, elle nous ouvre l’esprit et engendre une plus grande liberté d’action. Et dans la foulée, elle nous libère du stress : tout bénéfice pour la santé !

A cultiver !

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