Om Mani Pedme Oung
Le Dalaï-Lama, émanation du bouddha shakyamouni
Association bouddhiste Emergences à Besançon
  Bouddhisme ou Bouddhismes, C'est quoi ?

Pontarlier 04-Jul-08
 

Le Dharma, ou les préceptes fondamentaux de l'enseignement du Bouddha

Les trois racines du mal, ou « trois poisons »

Les trois poisons de l'esprit peuvent être dénommés ainsi :

  • Attraction
  • Répulsion
  • Indifférence

Les voiles de l'esprit comportent par exemple :

  • Ignorance, illusion (avidyâ) au sujet des trois caractéristiques de l'existence
  • Désir, avidité, convoitise, attachement (trishnâ)
  • Haine, aversion
  • Le Bouddha estimait que les causes de la souffrance humaine proviennent de l'incapacité à percevoir correctement la réalité. Cette ignorance (qui, aussi curieux que cela puisse paraître, est une émotion) et les illusions qu'elle provoque conduisent à l'avidité des hommes, à leur désir de posséder davantage que les autres, à l'attachement et à la haine éprouvés pour des personnes ou pour des choses.

    Les trois caractéristiques de l'existence

    • L'absence d'en-soi (anatta)
    • L'impermanence (anitya)
    • La souffrance (dukkha)

    Ces 3 caractéristiques sont universelles, et connues une fois développée la vision directe de la réalité (vipassana). Pour ce faire, il faut suivre un entraînement au développement de notre vigilance (satipatthana). L'être humain n'est donc pas une chose en soi, une entité indestructible contenant une étincelle divine (malgré l'illusion qu'ils en ont), mais la composition impermanente des cinq agrégats que sont la forme (ou corporéité), les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Ces agrégats (skandhas) sont impermanents car soumis eux aussi à la « production conditionnée » (pratîtya-samutpâda), théorie selon laquelle tout a une cause et une conséquence. Pour les bouddhistes, le moi n'est donc que vacuité (shûnyatâ). A noter que Nibbana (en sanskrit Nirvana) échappe aux caractéristiques de souffrance et d'impermanence. A contrario, il n'est pas un « en soi »

    Les renaissances

    A cause des trois poisons d'une part, et de la production conditionnée d'autre part, les hommes sont amenés à renaître dans le samsâra (le cycle des renaissances). Le plan d'existence dans lequel ils renaîtront dépendra de leur karma, c'est-à-dire de leurs actions. Cette renaissance ne fait donc que prolonger indéfiniment la souffrance (« n'en avez-vous pas assez de gorger les cimetières ? » dit un texte). À noter que conformément au non-soi, ce n'est ni le même, ni un autre qui renaît (ce n'est pas, comme dans d'autres religions, une âme immortelle qui se « réincarne »). Le Bouddha propose de se réveiller de ce cauchemar, de chasser les nuages de la confusion et de l'illusion pour être illuminé par la réalité. Ainsi, la souffrance et le cycle karmique seront brisés. Il définit le but ultime de son enseignement comme étant « la délivrance », le « dénouement », « la libération de la souffrance » ou nirvāna.

    Les quatre nobles vérités

    La voie pour y parvenir repose sur les quatre nobles vérités (cattāri ariyasaccāni), et le noble sentier octuple (ariyāṭṭaṅgika magga).

    1. dukkha : toute vie implique la souffrance ;
    2. samudaya : l'origine de cette souffrance repose dans les attachements
    3. nirodha : la fin de la souffrance est possible (nibbaena);
    4. magga : ce chemin est la voie médiane, qui suit le noble sentier octuple.

    Le noble sentier octuple

    Le noble sentier octuple est la voie qui mène à la cessation de la souffrance (dukkha). Il est aussi appelé Le Sentier du Milieu car il évite soigneusement les deux extrêmes qui sont la poursuite du bonheur dans la dépendance du plaisir des sens et la poursuite du bonheur dans la pratique ascétique et de mortification.

    Le Bouddha ayant experimenté ces deux extrêmes, découvrit par expérience le noble sentier qui donne vision et connaissance, qui conduit au calme, à la vision profonde, au nirvāna.

    Le sentier comporte huit catégories regroupées en trois disciplines :

    1) la sagesse (prajnâ):

    • sammā dirkhi : compréhension juste, ou vision juste (des 4 nobles vérités)
    • sammā samkappa : pensée juste, ou émotion juste (dénuée de haine, d'avidité et d'ignorance);

    2) la moralité, ou la discipline (shîla)

    • sammā vācā : parole juste (ne pas mentir, ne pas semer la discorde par ses paroles, ne pas parler abusivement, ne pas bavarder oisivement);
    • sammā kammanta : action juste (respectant les 5 préceptes);
    • sammā ājīva : moyens d'existence justes ;

    3) la méditation, ou la concentration (samâdhi)

    • sammā vāyāma : effort juste (de surmonter ce qui est défavorable et d'entreprendre ce qui est favorable);
    • sammā sati : attention juste, ou prise de conscience juste (attention aux 4 cadres de référence);
    • sammā samādhi : concentration juste, ou établissement de l'être dans l'éveil (vipassana).

    La dernière étape du chemin est la sagesse, elle consiste en une vision directe de la réalité (vipassana) obtenu par un entraînement intensif au développement de notre vigilance, notre attention, notre présence d'esprit (satipatthana). Il ne s'agit pas d'une pratique, d'une croyance ni d'un effort, mais plutot de l'effort minimal et naturel : porter notre attention sur les phénomènes physiques et mentaux des leur apparition, tant qu'ils durent et jusqu'à ce qu'ils cessent, c'est-à-dire les « noter ». En résulte la vision directe des 3 caractèristiques

    Les quatre attitudes vertueuses

    • bienveillance
    • compassion
    • pensée positive
    • équanimité
    • L'éthique bouddhique et les cinq préceptes

      Dans le bouddhisme, l’éthique est basée sur le fait que les actions du corps, de la parole et de l’esprit ont des conséquences pour nous-mêmes et pour ce qui nous entoure, les autres comme notre environnement. Il y a deux sortes d’actions, les actions kusala (mot pali signifiant sain, habile, favorable, positif) et les actions akusala (malsain, malhabile, défavorable, négatif).

      Les actions malhabiles sont celles qui prennent leurs racines dans les trois poisons de base: l’avidité, l’aversion, et la confusion mentale ou l’ignorance. Elles tendent à avoir des conséquences mauvaises pour nous ou pour les autres. Les actions habiles sont celles qui sont exemptes d’avidité, de haine, et de confusion mentale, et qui au lieu de cela sont motivées par la générosité, par l’amour et la compassion, et par la compréhension. Elles tendent à avoir des conséquences positives pour nous ou pour les autres. Dans le bouddhisme, une action n’est donc ni bien ni mal en elle-même, mais est favorable ou défavorable selon la motivation et l’état d’esprit qui la sous-tend.

      L’éthique bouddhique nous invite donc à prendre conscience des états d’esprit dans lesquels nous nous trouvons et à partir desquels nous agissons, parlons ou pensons, et à être responsable tant de ces états d’esprit que des conséquences de nos actions.

      Ces principes sont déclinés dans les cinq préceptes, qui ne sont pas des règles d'interdits mais des guides de comportement éthique face auxquels nous pouvons nous mesurer et progresser. Ils peuvent aussi être vus comme le mode de fonctionnement naturel d'une personne éveillée.

      Les cinq préceptes sont généralement présentés sous leur forme négative :

      • Ne pas nuire aux êtres vivants ni retirer la vie,
      • Ne pas prendre ce qui n'est pas donné,
      • Ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte ─ plus généralement garder la maîtrise des sens (le mental faisant aussi partie des sens),
      • Ne pas user de paroles inutiles, blessantes ou mensongères,
      • Ne pas ingérer tout produit intoxicant supprimant la maîtrise de soi (alcool, tabac ou drogues).

      Ils ont aussi une forme positive, très utile, ici à la première personne :

      • Avec des actions bienveillantes, je purifie mon corps,
      • Avec une générosité sans réserve, je purifie mon corps,
      • Avec calme, simplicité et contentement, je purifie mon corps,
      • Avec une communication véritable, je purifie ma parole,
      • Avec une attention claire et radieuse, je purifie mon esprit.

      Les trois corps (ou kayas) de Bouddha

      • Dharmakaya
      • Sambhogakaya
      • Nirmanakaya

      Les cinq sagesses

      Les cinq sagesses et les cinq Boudhas

      L'éveil (bodhi)

      Pour les theravadins, l'éveil est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre vérités (il s'agit de se réveiller du cauchemar à répétition des renaissances successives) et de faire jaillir la vérité. Pour les adeptes du Mahayana en revanche, l'éveil a plus à voir avec la sagesse et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha. L'éveil permet à l'homme d'entrer dans le nirvāna, puis d'atteindre à sa mort le parinirvāna(extinction complète). Le cycle karmique est donc brisé à jamais.